Ma bio

Alors je me demande encore comment je vais te raconter mon petit chemin de vie professionnelle. Et surtout, comment je vais te le synthétiser sans te faire un CV tout moche ˆ-ˆ  

Pour en savoir plus sur moi, je t’invite aussi à aller lire mes articles dont mon portrait chinois et la liste de 25 faits sur moi à découvrir pour mieux me connaître tout simplement !

Vocation

Mon métier d’infirmière est venu par vocation. Ca peut paraître vieux jeu et pourtant… J’ai été une enfant malade, de ma naissance jusqu’à mes 19 ans. Je garde pour moi les détails mais ce dont tu peux être sûr, c’est que mes parents et mon petit frère ne se sont pas ennuyés ! Moi non plus remarque 🙂 Si je te raconte ça c’est parce que je crois que les contacts plus que récurrents avec l’hôpital m’ont sensibilisé au monde du soin. Cela m’a donné envie d’être présents pour les autres, de les aider à traverser la souffrance et de les accompagner vers la guérison. Une façon de rendre aussi ce que j’ai reçu par la présence et le don de toutes celles et tout ceux qui ont été là pour moi. Là pour m’encourager et m’aider à renfort de sourires et d’altruisme. Le deuxième élément a été la lecture dun livre qui a tout fait basculé et qui m’a fait verbalisé à l’âge de mes 7 ans : je serais infirmière plus tard maman. Au passage, à ce moment là je découvre parce que ma mère me le dit, qu’elle aurait voulu être infirmière aussi. Je ne crois pas aux hasard, les gars 😉 Le livre en question s’appelle: La merveilleuse histoire d’Albert Schweitzer. J’ai décidé à ce moment-là, que c’était ça, ce que je ferais, ce que je deviendrais pour toute ma vie et peut être même que je partirais à l’étranger un jour pour être infirmière humanitaire ! Et toc 🙂

Volontaire et secouriste

Eh oui, jeune mais au taquet ! Ce qu’il faut savoir c’est que même si j’ai connu la maladie, j’étais une petite fille qui riait beaucoup comme les autres et je ne voulais pas qu’il en soit autrement ! Et ça a toujours été comme ça 🙂 A l’adolescence si certains se préoccupaient d’avoir le dernier pantalon taille basse patte d’eph, moi je lisais dans mon coin « Les derniers jours d’un condamné » et j’écrivais. Je me suis un peu renfermée sur moi à ce moment là, malmenée aussi parce que j’étais plus matûre que mon âge. Donc je ne collais pas à cette image de jeunesse insouciante à faire le mur et les pires conneries. Un jour ma grand-mère de coeur Huguette, m’a offert mon Attestation de Formation aux Premiers Secours (AFPS) à la Croix Rouge. Là je me suis dit, je vais enfin savoir si le sang me fait peur et ça me terrifiait car sinon je ne pourrais jamais devenir infirmière ! Tu te rends compte ! Je suis morte de rire quand je vois les services que j’ai fait plus tard ˆ-ˆ plus saignant que ça tu meurs !!! LOL. Donc tous les week end et certains soirs, j’allais à la Croix Rouge en poste ou aider dans les formations. Puis j’ai passé mon CFAPSE, qui aujourd’hui s’appelle PSE2. J’ai pu rapidement participer pendant environ 5 années, aux maraudes d’hiver et autres postes de secours. J’ai adoré vivre tout ça et j’ai rencontré des personnes formidables qui compensent vraiment un système social et de santé qui part en vrille ! Mais ceci est une autre histoire… Bref !

Mon premier IFSI

Sortie d’un Bac laboratoire avec option microbiologie et génie génétique (que j’ai adoré), j’ai présenté le concours que j’ai eu du premier coup. J’y croyais pas ! #FièreDeMoi. Le temps que je commence les cours, j’ai travaillé à la trésorerie de l’hôpital. Tout un poème… L’IFSI a connu un changement de direction la première année, ce qui a clairement signé le début d’un fonctionnement aberrant et hyper malsain. Cela a notamment conduit des cadres à jouer avec nous et ça a été très loin pour certain. Du coup, c’est à peine la moitié de la promo qui est arrivée au bout. Je n’en ai pas fait partie. Une cadre a décidé de se payer ma tête à renfort de harcèlement parce qu’à 19 ans je n’étais certainement pas matûre pour elle. J’ai donc craqué à l’été de ma deuxième année, msp pipée et rdv toujours plus durs et malveillants. C’est ainsi que j’ai connu ma première dépression à l’âge de 20 ans. J’ai terminé mon année quand même. J’ai demandé un report d’année qu’on m’a refusé. Je suis passée devant le conseil de discipline pour ma demande de redoublement que je n’ai souhaité faire que pour prouver que les motivations pour être infirmière pouvaient être encore bonnes. J’étais reprise à l’unanimité. Intérieurement je savais que je partais et je l’ai annoncé quelques jours plus tard à la directrice à qui j’ai tout déballée. Elle n’a rien compris, l’herbe coupée sous le pied. Je suis passée à autre chose. J’ai essayé d’aller ailleurs sur dossier: impossible. J’ai repassé les concours en disant la vérité et j’étais systématiquement recalée à l’oral. Dégoutée de tant d’hypocrisie et d’abus, j’ai mis « pause ».

Interlude et… C’est reparti !

J’ai donc été à l’université en license de biologie, dans ce qui m’avait plu au lycée à défaut d’autre chose. En même temps, je prenais le temps de réparer mon estime de moi-même qui ne dépassait pas le niveau de « la merde cosmique » comme on se le disait à l’ifsi. Eh oui… Une fois spasmophilie, crise d’angoisse, panique et larmes passées, je me suis dit qu’il fallait que je prenne un temps de discernement: infirmière ou pas ? A l’époque j’ai choisi de prendre un temps de retraite de 3 jours dans la communauté des Filles de la Croix, qui m’avait déjà aidée à bien des niveaux. J’ai médité, étudié des textes, j’ai prié et j’ai éclairci mon coeur et mon esprit du mieux que j’ai pu. Cela m’a conduit à choisir de repartir de zéro pour être infirmière. J’ai donc recommencé, j’ai passé 3 concours. Je n’ai rien dit de mon expérience passée. Je me suis présentée en tant qu’étudiante en licence de bio (ce qui était vrai) et on a vraiment écouté mes motivations. J’ai pu choisir mon ifsi et j’ai passé ma première année à faire celle qui ne savait rien ou sinon ça venait de mes connaissances de bio (pratique). Bon, au taf en stage, on relevait ma « super dextérité ». Pas facile à cacher ça ˆ-ˆ En deuxième année, j’ai découvert dans mes copains et copines de confiance que je n’étais pas la seule à en être passée par l’horreur. Cette ifsi là a été géniale, j’ai passé des supers années et en deuxième année j’ai réalisé mon rêve d’humanitaire au Pérou.

Diplômée et puis…

Libérée, délivrée comme dirait l’autre ˆ-ˆ Je suis partie travailler peut être un an et demi au total dans les services hypertechniques genre plateaux hémodynamiques, soins intensifs, réanimations, en poste de jour et en poste de nuit. Le premier poste a été vraiment stressant pour moi. J’ai eu des collègues supers et puis j’ai aussi connu des pestes qui veulent essayer de te faire croire que t’es responsable de la mort de tes patients tout ça, tout ça… pour en fait faire chier l’infirmière qui te chapotte. Bizut d’arrivée, bonjour ˆ-ˆ Ensuite, je suis partie en Belgique et j’ai travaillé dans un service d’angiographie (hémodynamique pluridisciplinaire) environ 3 ans et j’ai choisi de me spécialiser en neuroangiographie. J’ai appris énormément ! A côté du technique, j’ai aussi appris au fil des années par moi-même et par mes collègues, l’état de souffrance du système de santé. Je parle d’humains qui ne savent plus comment vivre autrement que dans la souffrance quotidienne et qu’ils n’en sont pas conscients. Ce malaise insidieux doublé d’un système économique complètement déboussolé et dérégulé à l’extrême, nous pressurise. Je découvre aussi pourquoi pour la plupart d’entre nous, nous devenons soignants… Là, j’ai ouvert quelque chose en moi…

Qu’est-ce que je fais de la souffrance ?

La première école me l’avait fait entrevoir et la deuxième a enfoncé le clou, sans compter les expériences professionnelles. Je voulais te comprendre toi ma collègue, mon collègue ! Puis j’ai réalisé que te comprendre revenait à me comprendre moi d’abord. Et j’ai finalement ouvert une porte que je n’ai jamais refermée… Je sais que la vie n’est pas un long fleuve tranquille mais je peux essayer de comprendre d’où vient ma souffrance, la travailler et guérir en moi ce qui m’a amené à rencontrer cette souffrance là en particulier, pour ne plus la recroiser. Il y en aura d’autres mais je choisis de m’alléger et de bouger en moi. Tout ce que je vis ici et maintenant est de ma responsabilité et le résultat de mes choix. Il n’y a aucune culpabilité ou remords à avoir, si je comprends que se sont des expériences qui m’apprennent à revenir en moi, à me poser et à me dire: ok ça ne va pas, j’en ai conscience, est-ce que ça me va, est-ce que je veux changer, qui veut changer… Si je peux faire des choix qui me font souffrir, alors je peux faire aussi des choix qui me rendent heureuses.

Il me faut plus…

Plus d’outils. Me comprendre c’est bien, je vais mieux c’est super, mais comment je redonne ce que j’ai reçu. Qu’est-ce que j’ai vécu dans ma petite vie qui puisse être redonné et t’aider. J’ai lu beaucoup sur l’humain, sur les émotions, sur notre vulnérabilité, etc. J’ai compris que je devais aller plus loin et expérimenter. J’ai alors fait un cycle de mindfulness alors que j’entrais dans une grande souffrance. Le burn-out avait déjà sa main sur mon épaule. J’ai fait un break d’un mois et j’ai fait un gros travail d’accompagnement. Ensuite j’ai décidé d’entamer une formation de sophrologue en parallèle de mon travail. Mon compagnon à ce moment là, débutait une reconversion professionnelle dans le domaine de la naturopathie. Ca a été une source d’apprentissage et d’ouverture telle que j’ai décidé de faire quelques formations qui pouvaient se faire hors du cursus complet. C’est comme ça que j’ai grossis mes bagages avec l’aromathérapie et les fleurs de Bach. Je te dirais que tout ça m’a bousculé et a bousculé ma vie, mes croyances, mes illusions, mes souffrances, ma raison etc. Il était temps que je me réveille. Alors j’ai pas trouvé le Graal et soyons clair, je ne sais rien. La vie je n’en connais qu’un tout petit bout, la souffrance aussi. La seule chose que je comprenne aujourd’hui c’est que je peux choisir que ma vie devienne plus belle et tout faire pour y arriver 🙂 Alors finalement c’est au travers de toutes ces expériences que ce site est né, d’abord pour partager mes souffrances, soulager ma peine et me sentir moins seule et petit à petit de mes découvertes, écrire que c’est possible de se transformer, d’évoluer et de se réveiller pour aller mieux et être plus heureux !

Aujourd’hui…

En ce moment je suis à l’autre bout de l’Asie. Je ne sais pas ce que me réserve demain ou même tout à l’heure mais je suis heureuse d’avoir pris ce temps de t’écrire mon cheminement. Peut être que ça te parle tout ça, peut être pas… J’espère simplement et modestement que me lire te fera peut être te sentir moins seul(e) si tu t’y retrouves. C’est pas facile, je sais… il faut tenir bon., c’est ça… Mais tu sais, peut être que demain tu souhaiteras simplement ne plus tenir et ne plus subir mais juste VIVRE et c’est tout le meilleur que je te souhaite 🙂 Pour aller par là, je te propose de prendre soin de toi. Pour des personnes comme toi et moi, prendre du temps pour soi ça ne nous parle pas… « Mais oui, ça va hein !? c’est pas la peine d’en parler… qui m’écoute… qui peut comprendre… quand t’es pas passé par là » et nous passons notre temps à nous occuper des autres… Il est peut être temps d’en parler, non ?!

N’hésite pas à m’écrire, à me laisser des commentaires ou à simplement liker ou partager mon histoire !
Et puis je te dis à bientôt pour écouter ton vécu et peut être ta souffrance de soignant ou comment tu t’en es sorti…

Je t’attends, je t’écoute 🙂
A bientôt !

R.

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