Burn-out VS dépression

Bonjour à tous,

On se retrouve aujourd’hui pour faire le point sur quelques notions clés pour s’assurer que l’on parle tous de la même chose ! Car si les termes deviennent communs, ils peuvent aussi rapidement se vider de leurs sens. Alors, on va faire ensemble le tour de ce qu’est le burn-out, qui n’est pas une dépression. Et puis je vous donnerais quelques explications pour comprendre pourquoi le syndrome d’épuisement professionnel, autrement dit, le burn-out, n’est toujours pas reconnu comme maladie professionnelle.

Burn-out : la brûlure

La brûlure intérieure qu’est le burn-out, peut être grave au point d’en être mortelle. Les symptômes de fatigue pouvant aller à l’épuisement sont les plus classiques et à prendre réellement au sérieux. Mais pourquoi cela nous touche ? D’où ça vient ? Qu’est ce qui provoque cela ?

Je vous parlais de souffrance éthique il y a quelques semaines. Nous y voilà rendu pour la deuxième fois. Oui, la cause de ce burn-out, c’est cette souffrance profonde née d’un conflit intérieur. Je me retrouve à faire ce que jamais je n’aurais souhaitais faire dans ma vie, comme maltraiter des gens, par exemple. En fait, c’est le moment où je vis pendant trop longtemps de façon fondamentalement contraire à ma nature. Simplement, ce que je fais, ce que je suis, je n’aurais jamais imaginé le devenir et je ne l’ai jamais souhaité. Tout ça pourquoi ? A cause de maltraitance institutionnelle, de cadence surréaliste, etc qui font passer la quantité avant la qualité.

Quelles différences avec la dépression ?

Dans le burn-out, nous mettons longtemps à nous rendre compte qu’il y a un problème alors que dans la dépression, on le sent, c’est palpable, les personnes autour vous le disent. Alors que dans le burn-out on va avoir des troubles de la mémoire immédiate (perte de mots, on ne sait plus ce qu’on était parti chercher…), dans la dépression toutes les mémoires sont touchées et chaque effort pour se souvenir est douloureux.

L’organisation, la concentration, même sur des tâches simples s’avèrent compliquées. Du coup on lutte contre le parasitage des pensées, hypervigilant de tout ! Dans la dépression la pensée se ralenti, elle est loin d’être hyperactive. La personne procrastine, fuit les responsabilités. Alors que dans le burn-out, le soignant en veut plus, il travaille plus , au détriment du reste, même s’il a du mal à supporter les charges de travail. La souffrance devient alors aiguë par rapport au travail et se traduit par des angoisses, voir des crises de panique. Les personnes en dépression ne vont pas nécessairement déprimer de leur travail. Toutes les sphère de la vie peuvent être concernées.

La personne épuisée professionnellement rumine en permanence, pense à ce qu’elle a fait de sa journée de bien ou de mal. Le temps passe trop vite, tout est trop court que ça soit pour manger, pour dormir, pour faire du sport, pour vivre… Alors que la personne déprimée c’est l’inverse, la perte d’intérêt pour ce qu’elle fait étant là, le temps semble s’étirer, être beaucoup trop long. Tout paraît être une montagne, interminable, sans avenir, l’humeur dépressive est donc triste en permanence, d’une sensibilité anesthésiée. Quant à la personne en burn-out, l’humeur va être totalement instable pouvant passer de la joie à la peine en un claquement de doigts.

Les troubles physiques sont partagés par les deux types de douleur mentale, ils peuvent être digestifs, articulaires, à type de maux de tête, de difficultés à l’endormissement.

La personne déprimée pourra prendre un traitement pour guérir. Le soignant en burn-out pourra prendre des toxiques dont des médicaments non pas pour guérir, mais pour tenir le coup, pour continuer d’être performant. Au bout de cette quête le risque suicidaire apparaît non pas comme une idée contre laquelle on lutte lorsqu’on est en dépression, mais plutôt comme quelque une impulsion, imprévisible et brutale.

La personnalité est fortement perturbée. On peut de chaleureux à très froid, distant, voire irritable. Plutôt autoritaire, intransigeant, intolérant par méfiance, voire un sentiment de persécution. D’où la difficulté à déléguer, à décrocher même après le travail par manque de confiance en ses collègues. Les personnes en burn-out deviennent de plus en plus exigeantes ou au contraire totalement désabusées à en devenir cyniques. Les personnes déprimées vont être plus suggestibles, dépendantes, indifférentes. Elles se posent beaucoup de questions, dans le doute en permanence. Elles semblent absentes.

Le burn-out : en souffrir, en sortir…

Les troubles se chronicisent et trainent sur plusieurs mois. On aura ignoré tous les symptômes, tous es signaux envoyés par le corps, de l’extérieur, et le sentiment intérieur de désespoir en toile de fond. La mémoire, nos capacités à se concentrer n’en peuvent plus depuis bien longtemps. Planifier l’avenir et s’organiser en fonction de ce but fixé, sont des tâches rendues impossibles. Il n’y a plus de but. C’est l’ultime signal !

Le stress ultime

C’est celui dont on ne décroche plus, qui fait surproduire du cortisol et de l’adrénaline à notre corps. Raclant les fonds de tiroirs jusqu’à l’épuisement du corps. Notre système de défense rentre en réaction inflammatoire mais ne comprend plus très bien pourquoi. L’immunité se dérègle à long terme. De fatigue, le corps se défends moins bien face à l’extérieur et plus grave encore, il finit par s’attaquer lui-même. Il déclenche des mécanismes internes d’inflammation qui avec le temps peuvent entraîner l’usure de certaines parties ou fonctions du corps. Par exemples en s’attaquant à nos parois vasculaires pouvant entraîner l’infarctus ou l’attaque cérébrale.

Un questionnement personnel

En fait c’est cela le message du burn-out, c’est une remise en question qui peut finir par être vitale. C’est un appel que nous nous lançons : arrête toi et questionne toi sur ta vie parce que si tu continues comme ça tu vas mourir !

S’en sortir c’est commencer par une prise conscience fondamentale et un changement de comportement pour pouvoir recommencer à vivre à l’extérieur comme à l’intérieur. C’est quelque chose qu’il faut réapprendre. Se rappeler quelles sont nos valeurs ? avec quoi je suis en accord dans ma vie ? Et surtout répondre à cette question :

Qui est ce que je veux être ?

Maladie professionnelle : be or not to be ?

Le burn-out aujourd’hui touche entre 30.000 et 3.000.000 de personnes. Non je ne me suis pas trompée dans les zéro, simplement, il n’y a pas vraiment d’observatoire de la souffrance au travail sur cet aspect là. C’est vous dire l’intérêt des pouvoirs publics ! Jusqu’à aujourd’hui, c’est la collectivité, c’est à dire la CPAM qui paie pour les prises en charge du burn-out. Si demain le syndrome d’épuisement professionnel était reconnu comme maladie professionnel, il incomberait aux dirigeants des entreprises de payer pour ces prises en charge. Vous imaginez bien que financièrement cela n’est pas intéressant. Et puis si cela fait perdre de l’argent cela voudrait dire qu’il faudrait remettre en question le fonctionnement et l’organisation de l’entreprise. Vous imaginez tout aussi bien, que bien des groupes de gestionnaires à la tête de nos hôpitaux ou de nos EHPAD ne sont pas prêts de mettre la main à la pâte !

Voilà, j’espère que vous avez appris des choses. Et que cela vous permettra peut être de faire le point sur ce que vous traversez, avez traversé ou pourriez traversé (je ne vous le souhaite vraiment pas). N’oubliez pas aussi, que si vous n’êtes pas touchés par le burn-out, il est possible que vous ayez des collègues en galère. Alors n’hésitez pas à partager cet article ou la vidéo qui est connectée à cet article. En attendant, prenez bien soin de vous ! Ecoutez vous ! Et je vous donne rendez vous à très vite sur ma chaîne Youtube ou sur ma page facebook : La Voie Du Soignant 😉

A bientôt !

R.

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