Cliniques, résignation et résilience: mon coup de gueule !

Coucou tout le monde,

Je suis en pétard… Je vois rouge par ce qui se passe mais aussi par ce qui se dit ! Ca tombe bien j’avais envie de dire ce que je pense de l’actualité des cliniques qui refusent les étudiants soignants. Je viens de lire cette article fort partagé notamment sur aide-soignant.com, infirmiers.com et facebook et je ne sais où encore. 

Voici le lien : http://www.infirmiers.com/profession-infirmiere/ethique-et-soins/une-revolution-soignante-ou-ca.html

C’est une évidence que notre profession de soignant se balade en ce moment, entre la fin du rouleau et l’avant dernier papier toujours un peu collé sur le rouleau, avant que celui-ci ne soit totalement fini.

justine-en-colère

Le sujet est fort : les cliniques refusent d’accueillir les stagiaires infirmiers et aide-soignants. Je suis tout à fait d’accord avec le coup de gueule porté par ce cadre de santé à un point près. Ce petit point au demeurant insignifiant, m’a littéralement fait sauter de ma chaise, et bondir mon cœur d’humaine lorsque la personne se met à évoquer la résilience telle une résignation. COMMENT !!!

La résilience utilisait à toutes les sauces, un mot galvaudé… Mais quand même !!! Résilience ce n’est pas devenir tout mou, tout accepter, ne rien dire, faire aïe et encaisser. La résilience n’est pas se résigner !!!

Cela n’a l’air de rien… Sauf que ce mot de résilience c’est exactement ce que nous avons à comprendre et à faire.

 » La résilience c’est renaître de sa souffrance, c’est prendre acte de sa souffrance, se rendre compte de notre responsabilité dans ce que l’on vit. »

C’est se MOBILISER pour enfin prendre sa vie en main et se bouger , sortir de nos carcans de souffreteux, de ce métier qui ne cesse de subir, qui n’a cessé de régresser et de se coltiner des choses quotidiennes intolérables. Pourquoi en est-on là ? La réponse est en chacun de nous. La culpabilité, la peur, la honte, l’obligation, le devoir, le regard des autres,… Eh oui le problème de notre « démobilisation », de notre « dé-résilience », de notre « désindignation réactionnaire » (oui il m’arrive d’inventer des mots, mais je crois que je suis comprise), il vient de chacun d’entre nous. Pourquoi quand nous sommes plus de 30 000 chez les Ni Bonnes nous sommes si peu à descendre dans la rue ? POURQUOI ?

C’est plus simple de cliquer dans la virtualité, que de descendre dans la rue dans la réalité.

tumblr_niix2abzwb1rxx1vlo1_500Nous avons oublié la ruralité de notre travail, nous sommes là pour tout le monde. Oui mais jusqu’où ? jusqu’à quand ? et SURTOUT à partir de quand sommes-nous là pour nous ? La question elle est là. Le jour où nous nous sentirons réellement menacés dans notre vie d’individu, de famille peut-être bougerons nous. Est-ce que nous attendrons vraiment que ça ne touche que nous, de manière égoïste, de manière directement individualiste, pour réagir et faire face ? Qui se sent concerné ? Qui est prêt à se dire, je ne soignerais pas mais je vais aller faire la grève ? Qui se dit je descends dans la rue en étant dans sa tête au clair avec le fait de se mettre des cadres & collègues à dos parce qu’on manifeste, la culpabilité, la conscience professionnelle (« je dois être à mon poste même quand je suis malade et que j’en ai plein le dos ») ?

Certains hésitent, se demandent si ça en vaut la peine, si ça servira à quelque chose, à quelqu’un, tant de désillusions. Nous sommes 75% malades de notre job au moins une fois dans notre vie. Si nous ne sommes pas capables de descendre dans la rue, c’est par notre statut et tout ce qui en découle derrière. Nous sommes peu nombreux par service, disons les choses comme elles sont, nous sommes un petit peu dans la crasse, le cambouis: à mi-chemin entre le marécage et les sables mouvants… Alors peut-être serait il temps de se dire que la révolution c’est dans nos unités, dans le quotidien, qu’il nous faut penser une nouvelle façon de prendre en otage les structures dans lesquelles nous sommes. La révolution: celle qui consiste à faire en sorte que tout ce qui se passe ici et maintenant, devienne un jour révolu. Nous avons oublié notre force intérieure, notre capacité à réagir tous les jours, au quotidien pour nager à contre courant de cette mer que l’on est en train d’avaler à force de grandes tasses. Quand je dis « nous » je ne peux m’empêcher de penser aux « freins » de ce « nous ». Pourquoi après tant d’années ne sommes nous toujours pas unis, pourquoi les destructeurs ont toujours leur place dans la vie de certains services ? Pourquoi laissons nous faire ça ? Nous sommes les plus nombreux, nous les soignants, dans un hôpital comme dans une clinique, dans une maison de retraite, ou encore dans n’importe quelle structure de jour… Si cela doit bouger, c’est dans nos services !

mythosikaria.jpg

Mobiliser nos équipes si petites soient elles, créer un lien avec les autres services, lutter contre les cancaniers (eh oui) et tout ceux qui cherchent à monter même des unités les unes contres les autres… Sans parler des guérillas urbaines de soignants: aide soignant-infirmier-cadre- médecin… On est tous dans le même bourbier, avec des pressions de « malades » à tous les niveaux ! Si nous étions déjà un peu plus unis dans notre milieu de travail alors peut être pourrions nous imaginer du personnel, des équipes, des services entiers qui se donneraient le relais dans les bureaux des directions des cliniques (en ce qui concerne la problématique du jour) en bloquant l’accès, en occupant les places importantes de l’exercice du pouvoir des directions, des ressources humaines… Pas forcément toute une journée mais une heure sur le moment d’une réunion de rencontre avec les Conseils de Région ou les représentants de l’ARS, qui ont eux aussi leur rôle à jouer aussi. Une décision comme celle là ne se prend pas toute seule. S’organiser de l’intérieur et faire parler de nous à l’extérieur. Ils transitent bien plus de personnes dans les hôpitaux ou les cliniques que dans une seule manif… Je balance des idées, peut-être mauvaises, inutiles, ou à côté de la plaque, je n’en sais rien. Je suis loin d’être résigner mais OUI je crois à la Résilience des Soignants, on en a grandement besoin, de se MOBILISER et NON DE SE RÉSIGNER !

Ne vous étonnez pas si quelques mots vous semblent empruntés à une personne qui a laissé des commentaires sur infirmiers.com… C’est normal se sont les miens ^^ A bientôt ! N’hésitez pas à réagir !

R.

Publicités

3 réflexions sur “Cliniques, résignation et résilience: mon coup de gueule !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s