Lonely « Love boat »

Aujourd’hui était un jour calme, passé chez moi. Demain je retrouve l’environnement où j’essaie d’errer dignement et de nager sûrement pour sauver ma peau. Je prends conscience depuis ces derniers jours de ma nervosité, de mon manque de patience, et de mon incapacité à comprendre vraiment ce qui se passe à l’intérieur de tout ça.

Les jours passent et tout doucement le monde du réel devient peu à peu virtuel. Il glisse et moi avec. Pas de bruit, pas de grand fracas, juste le changement qui vient me rencontrer et qui pousse à réorganiser ma vie, ou tout du moins mon espace vital au travail. Je n’ai pas l’habitude de ne pas comprendre, de ne pas décrypter, de ne pas analyser ce qui se passe… L’apprentissage du lâcher prise, sans doute le truc le plus difficile au monde. L’émotion monte… je me souviens que le bateau coule.

L’univers virtuel qui m’entoure, tangue, vacille, et commence à ne plus ressemblait à rien, une plateforme tellement ébranlée que jusqu’à maintenant je ne voyais pas à quoi elle ressemblait. Mieux, je ne vois même pas qu’est-ce qui a fait que je suis restée à voir le bateau coulait… Le courage, le déni, l’impression d’avoir trouvé ma place sur ce faux « love boat »… J’aime me sentir bien et dans cet endroit je ne me suis jamais réellement sentis bien, mais plutôt méfiante, surveillant chaque mot sortant de ma bouche, condamnant ma sincérité et ma spontanéité dans l’armoire… L’authenticité réservée à ceux que j’aime profondément côtoyer… Peu nombreux.

En écrivant cela je réalise à quel point je suis allée trop loin dans ce que je ne suis pas. Combien cet endroit est une inspiration à nous quitter nous-mêmes. A me quitter moi. Je me sens bien avec certains mais est-ce vraiment pour eux que je suis restée ? Endurée tout cela pour comprendre quoi ?! Ce « love boat » m’a ironiquement aidé à m’affirmer, à savoir ce que je veux et ce que je ne veux plus dans mon travail, ma personnalité de soignante avec son éthique, son besoin d’accompagner les gens, son envie de faire au mieux pour tous, et de faire ça avec amour et joie. Cet endroit est tout sauf ce havre de paix et pourtant d’une façon que je ne comprends pas bien, il m’a aidé à comprendre qui je suis professionnellement. Qui je ne veux pas être aussi ou surtout…

Je me suis rendue compte à travers ce que j’ai encaissé, à quel point de solitude protectrice j’en suis arrivée. Je me suis isolée pour aller mieux. J’ai peut être même refusé d’être disponible pour certains marins du « love boat » parce que je n’avais juste pas envie d’être là. La solitude ma muraille, ma barrière, mon envie de tranquillité pour ne plus entendre ce que je ne veux pas entendre, vivre dans les accords toltèques : surveiller ma parole, partir pour ne pas entendre médire, ne pas faire de suppositions, faire de mon mieux, et rester à l’écoute quand même, jusqu’à finalement m’enfuir. Triste façon de mettre en oeuvre mes appris. Mais ai-je vraiment le choix là où je suis ?

Mon regard touche, ma conscience écoute, mon cœur voit et je comprends que ce que je vis est une solitude armée comme un bunker, déformée par un entourage qui n’a jamais été désiré mais enduré, à certains moments plus que d’autres. Je comprends que depuis toute cette année durant, j’ai travaillé dur pour m’endurcir, oublier d’être moi authentiquement, et être seule… Seule pour créer le bouclier du chevalier soignant que je n’ai pas toujours réussi à être… Celui qui fait juste ce qu’il peut, et qui a oublié que c’était déjà beaucoup.

R.

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