Le Burn-out ou comment « je n’ai rien vu venir »

 » Tout allait bien jusqu’à… »

Littéralement, faire un burn-out, c’est « brûler de l’intérieur, se consumer ». En cause ? Le stress chronique que nous sommes nombreux à subir au travail. Le stress est d’abord physiologique, le corps subit un stress trop important qu’il ne supporte pas: sauter des repas, téléphoner au boulot parce qu’on a oublié quelque chose, repasser au boulot, sauter les pauses… Le corps exprime le danger, l’urgence. Le problème c’est qu’aujourd’hui notre mode de vie est dans l’urgence. Plus vite, plus de travail moins de temps, moins de personnel, bouchée double, pression… Nous sommes sur le qui-vive H24 : le corps est épuisé. Puis viennent les doutes sur ses compétences, ses qualités, dépréciation de soi-même, irritabilité… Rapidement, l’épuisement émotionnel vient s’ajouter à l’épuisement physique.

« Soudain, j’ai craqué… »

Le processus en est insidieux, c’est quelque chose qui prend du temps, et se met en place. Cela se développe à l’intérieur de nous. « Se consumer à petits feux » est la meilleure image que j’ai pu trouver. L’avantage à ce développement lent, c’est qu’on a un peu de temps pour rebondir avant d’aller toucher le fond du fond. Mais quelque fois ce bout du bout arrive plus tôt que prévu : on pète les plombs ! On ne s’en rends pas compte tout de suite, on peut même basculer dans une forme de déni de cet état. L’entourage va relativiser, en disant que la personne est surmenée. Le mal être va se prolonger malgré du repos. Ce faisant, en repartant dans le rythme effréné du travail, la personne va perdre le contact avec elle-même, s’oublier et ne plus finir par se rendre compte de ses propres limites. 

« Je suis fatigué »

Repérer ses failles, ses déséquilibres c’est important, parmis eux : grande fatigue, troubles du sommeil, irritabilité, agressivité, ruminations, perte de concentration… Mais aussi des problèmes physiques comme pression respiratoire, maux de tête et d’estomac… Le signe qui ne trompe pas parmi tous ces symptômes ? Comme je le disais, on reviens des vacances, d’un we plus long et rien ne change. Les crises de larmes, l’irritabilité incessante sans véritable raison… Il est alors temps de consulter son généraliste pour un bilan de santé. A lui d’identifier les causes – burn-out ou autre problème physique – de vos symptômes.

JF14_Burnout-feature

« J’ai perdu le contrôle… »

Nul n’est à l’abri un jour de partir en vrille. On n’est pas plus faible que les autres. Ce sont des personnes souvent piliers dans leur job, elles aiment leur métier et s’investissent sous tension avec une pointe de perfectionnisme, l’attente de la reconnaissance. Le problème c’est que dans nos métiers de soignants et dans bien d’autres, la reconnaissance n’existe quasi pas, ou pas du tout. On ne compte plus ses heures. On se perd soi et ses repères. Perte de sens de la valeur travail, manque d’autonomie, de reconnaissance, connexion continue grâce aux nouvelles technologies… Nous n’avons plus de répit où qu’il soit possible d’aller. L’hyperactivité est une qualité recherchée de nos jours. Lorsqu’on commence à subir son travail c’est déjà le moment de se remettre en question.

« Le juste équilibre »

Se ressourcer… au travail, voilà l’objectif. Qu’est-ce qui fait sens dans mon travail ? Qu’est-ce qui me motive, m’apporte de la satisfaction ?… Autant de questions à se poser pour tenter de trouver un juste équilibre entre des tâches « ressourçantes » et d’autres, plus « usantes ». Sans oublier les pauses, à s’accorder tout au long de la journée. Souvent on a peut être 20 min, il ne faut pas les laisser passer sous notre nez. La clé est là : prendre soin de soi. L’objectif final de toutes ces petites attentions envers soi-même ? Décrocher de sa journée et rentrer chez soi en se déconnectant et en se sentant moins épuisé. L’important c’est de prendre soin de soi en rentrant dans sa sphère privée, là où le travail n’a pas sa place, de manière juste et appropriée. 

Heureusement, un burn-out n’a, dans la plupart des cas, rien d’irréversible. Mais peut faire de gros dégâts. Alors ne vous oubliez pas et prenez soin de vous avant d’aller prendre soin des autres !

C’est urgent ?! Oui. Alors j’ai le temps 🙂

R.

Publicités

2 réflexions sur “Le Burn-out ou comment « je n’ai rien vu venir »

  1. Je crois que j’ai un gros problème lol. Je ne parviens pas à me détacher du travail, même en ayant terminé mon service je suis comme hanté par mon boulot. Je revoie tout ce qui s’est passé dans ma tête, reste sur des éléments négatifs. La déconnection est malheureusement pour moi une illusion. Peut-être est ce le fait que je ne sois pas du tout satisfait de mes journées, de mon accompagnement, de l’incompréhension de mes supérieurs dans le choix de mes décisions envers mes patients. J’ai sans doute besoin d’être soutenu dans mon travail, qu’on me fasse confiance et qu’on me laisse une marge de manoeuvre suffisante pour exercer mes fonctions. De toute façon c’est indéniable la qualité de mon travail pour moi a incontestablement une influence sur mon bien-être dans ma vie privé. Si je ne suis pas épanouie au boulot je ne le suis pas en dehors et c’est en ça que je ne sais pas mettre un temps d’arrêt entre ma vie personnelle et ma vie professionnelle. Les deux sont pour moi étroitement lié. Après tout notre profession prend une place importante dans notre vie alors mettre entre parenthèse cet espace temps où je suis au boulot c’est un travail complexe. Dans ce contexte je serai ravie d’avoir un bouton sur moi me permettant de mettre en arrêt ma double vie au travail comme ça mon attention serait tournée davantage vers moi et mes hobbies, se serait tellement plus simple… hélas nous sommes pas des robots, et heureusement dans notre métier !! mais en dehors se serait bien utile ^_^.

    Aimé par 1 personne

    1. Je ne peux que vous dire que je vous comprends. Lorsqu’on arrive là où vous en êtes, là où j’en étais, il faut se détacher énergétiquement de son travail.
      Dans un premier temps c nécessaire, cela ne veut pas dire ne plus en avoir rien à faire mais juste mettre de la distance avec le perfectionnisme, la performance, nos exigences personnelles. Pourquoi, parce que dans le service où vous êtes il apparaît clairement que ça n’est pas et ne sera probablement pas votre service à vie quoiqu’il arrive, donc relâchez la pression. A partir de là, je vous invite à vous prendre un petit carnet, à vous dire dans la journée que « tout est possible » et vous laissez la possibilité d’envisager autre chose que cette place où vous êtes. C’est à dire que vous ouvrez les vannes et que vous faites le plein d’idées de choses qu’il vous plairait de faire. Ca peut tout à fait concerner le travail, par exemple vous dire que le libéral vous donnerez plus d’autonomie etc. ou envisager des hobbys stimulants qui peuvent déborder de positifs sur vos journées et vous récupérer le moral.
      Et puis si ça ne marche pas, si votre esprit reste comme cristallisé sur tout ce que vous faites de moins bien ou de mal (selon votre perception), je vous invite fortement à faire une pause. Moi-même c’est le genre de décision qui me coûte ! Je comprends tout à fait que ça soit le cas des 3/4 des soignants.Pourtant… La déconnexion est absolument nécessaire à votre mental, pour les autres mais surtout pour vous. C’est extrêmement épuisant à long terme pour vos nerfs, votre vie, vos proches etc. Trois possibilités s’offrent à vous :
      – soit c un coup de mou, vous avez besoin de vacances, et auquel cas pas de soucis, dans 10 jours vous êtes retapé !
      – soit vous vous dites c un coup de mou, ça n’en est pas un et vous être en train de tomber dans la phase insidieuse du burn out…
      – soit vous savez déjà que vous êtes dans le burn out et vous attendez que quelqu’un vous dise que vous avez le droit de vous arrêtez à cause de tout le poids de culpabilité (qui ne devrez pas être là) que cela peut entraîner chez vous.
      Dans les 3 cas prendre une pause n’est pas un luxe et vous n’avez rien à perdre, au contraire… mais je crois que c’est une nécessité pour faire le point sur vous même et peut être réfléchir à quoi pourrait ressembler le job idéal… Voilà 🙂
      En tout cas n’hésitez pas à nous partager votre vécu de tout ça ! Bon courage !

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s