Procrastination

Le culte de la performance vous a fait oublier d’écouter vos besoins et vous vous êtes laissés aspirer par la spirale du toujours plus et encore plus vite. Comment venir à bout de ce sentiment d’inachevé ?

Marcel Proust en parlait déjà dans À la recherche du temps perdu : « Les difficultés que ma santé, mon indécision, ma “procrastination”, comme disait Saint-Loup, mettaient à réaliser n’importe quoi, m’avaient fait remettre de jour en jour, de mois en mois, d’année en année, l’éclaircissement de certains soupçons comme l’accomplissement de certains désirs. »

D’où vient la procrastination ? Une idée reçue l’assimile à une forme de paresse, à une mauvaise gestion du temps, alors qu’elle est, en réalité, alimentée par une incapacité à gérer ses impulsions. C’est une sorte d’attentisme, un côté velléitaire, une volonté inconsciente d’autosabotage aussi…

Les causes psychologiques de la procrastination font débat. Quoi qu’il en soit, elle est souvent corrélée à la peur d’agir, à l’anxiété, au manque d’estime de soi. Elle traduit l’expression d’un ennui, d’une inappétence, voire même d’une certaine apathie. La cause la plus probable reste cependant l’impulsivité : nous ne parvenons pas à nous forcer à réaliser immédiatement une action qui, dans le fond, nous em…bête ! Et, lorsque nous choisissons de différer ce qui nous enquiquine, nous répondons au principe de plaisir.

Oui, vous reportez d’instinct ce que vous n’aimez pas faire, ou ce qui vous paraît secondaire. Faire la moitié des choses, c’est rivaliser d’ingéniosité pour ne pas crouler sous une avalanche de tâches. Or, si vous repoussez tous les jours le rangement de votre bureau parce que ce n’est pas une activité gratifiante.

Si vous passez votre temps à procrastiner, vous privilégiez le plaisir immédiat ou vous êtes sujets au manque d’envie par fatigue ou autre pour faire les choses. En reportant consciemment l’action, vous mettez un frein à votre réussite, et vous attisez le sentiment de culpabilité. Vous vous y prenez toujours à la dernière minute pour faire vos courses de Noël, alors que vous savez pertinemment que le dernier moment sera le pire. Pareil pour votre déclaration d’impôts : pour une fois, vous vous étiez promis de calculer large, mais la paperasserie vous insupporte.

Bon à savoir : En 1960, Walter Mischel, psychologue américain à Stanford, met au point le « Marshmallow test ». Il étudie les conflits de négociation des enfants à travers l’expérience suivante : le professeur laissa des élèves face à des guimauves. En quittant la salle, il promit à ceux qui ne toucheraient pas aux bonbons de leur offrir une deuxième guimauve. Après l’analyse des résultats, Walter Mischel remarqua que les enfants qui avaient succombé à la tentation avaient plus de problèmes comportementaux et de moins bons résultats scolaires que les autres. Ainsi, l’expérience de Walter Mischel a montré que « la maîtrise de soi dépend d’une compétence essentielle : “La répartition stratégique de l’attention”.18 » Le secret de la maîtrise de soi ne résiderait pas dans la volonté, mais dans la distraction. Comment certains enfants ont-ils réussi à dévier leur attention pour résister à la tentation ? Certains se sont mis à chanter, d’autres à jouer.

 

Article tiré d’Atlantico.fr

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